LE VIETNAM
SITUATION ECONOMIQUE (en 1995)

La croissance reste encore très soutenue. Le PIB enregistrerait en 1995 une croissance de 9,5% selon les sources officielles, soit un rythme légèrement supérieur à celui de l'année précédente (8,8%).

L'accélération de la croissance demeure, comme les années passées, le fait d'une vive progression de l'investissement. En 1994, le taux d'investissement atteignait 24,2% du PIB.

Du point de vue sectoriel, la production industrielle enregistrerait un taux de croissance de 14% en 1995, tandis que les services auraient progressé de 12,6% et la production agricole de 4,7%.

Pour l'année 1996, l'investissement resterait l'élément moteur de l'activité et sa croissance pourrait encore s'accélérer. Les organisations internationales prévoient un rythme de croissance rapide de 8 à 9% par an au cours des prochaines années, les dépenses d'investissement du secteur privé devant continuer d'augmenter tandis que celles du secteur public, dans un contexte de rigueur budgétaire, pourraient stagner.

Outre son dynamisme interne, l'économie vietnamienne bénéficierait à moyen terme d'une conjonction de facteurs externes favorables:

- l'accélération du déboursement de l'aide au développement promise au cours des quatre dernières années (plus de 5 milliards d'USD, dont une petite partie seulement a été versée).

- l'effet d'entraînement important sur l'économie de la montée en puissance de la production des co-entreprises.

- l'augmentation prévisible des flux d'investissements directs étrangers, si l'on considère l'écart important entre les licences accordées entre 1988 et 1994 (18 milliards d'USD) et les flux réels sur la même période (environ 5 milliards).

- de nouveaux projets d'investissement, notamment japonais et américains devraient voir le jour, conséquence de la normalisation des relations avec les Etats-Unis. L'entrée du Viêt-nam dans l'ASEAN devrait, par ailleurs, renforcer ses relations avec ses partenaires régionaux.

Les importations sur lesquelles le Viêt-nam compte largement pour assurer la poursuite de la croissance ont progressé de manière importante en 1995. Les machines et pièces de rechange représentent à elles seules, près de 40% des achats à l'étranger.

A 4,91 milliards d'USD, les importations ont progressé de près de 35% sur les dix derniers mois de l'année, selon le ministère de Commerce. Une augmentation, dans le même temps, de 37% des exportations à 4,11 milliards d'USD devrait stabiliser le déficit commercial autour d'un milliard de dollars sur l'ensemble de l'année 1995. (900 millions en 1994).

Si cette tendance se confirme, le déficit des paiements courants devrait être contenu à un niveau égal à celui de 1994 (7% du PIB). Le gonflement prévisible des entrées de capitaux, soit au titre de l'investissement direct, soit sous forme de prêts d'aide au développement devrait suffire à financer le déficit des paiements courants et assurer un accroissement des réserves de change, conforme aux engagements pris par le Viêt-nam dans le cadre du programme d'ajustement structurel.

Les pressions inflationnistes qui étaient apparues à l'automne 1994, du fait notamment de la hausse très rapide du prix du riz, se sont apaisées au cours du second semestre de 1995 où les prix sont restés stables.

Selon les statistiques officielles, la hausse des prix, en glissement annuel, approcherait les 13% en novembre 1995. L'inflation en 1995 devrait se stabiliser au même niveau qu'en 1994 soit autour de 14%, après 7,3% en 1993 et 17,5% en 1992. La lutte contre l'inflation a été, ces derniers mois, priorité affichée du gouvernement, qui a notamment renforcé le contrôle du crédit.

En revanche, le déficit budgétaire qui a été contenu en 1994, à 2,4% du PIB, après 6,2% en 1993, devrait en 1995, enregistrer un dérapage selon le ministère des Finances.

Comparées à 1994, les dépenses de l'état auraient enregistré une progression de près de 43% en 1995, tandis que les recettes n'auraient augmenté que 29% du fait notamment de moindres rentrées fiscales. Le déficit pourrait dépasser les 6% du PIB et ce, malgré quelques mesures d'économie. Les autorités vietnamiennes devront prendre en 1996, les mesures nécessaires pour canaliser ce dérapage.

Les perspectives de croissance de l'économie vietnamienne restent bonnes à court et moyen terme, le décollage de l'économie reste handicapé par la pénurie relative de l'épargne domestique qui peut constituer une menace pour la croissance à long terme. Si ces dernières années, la propension à épargner semble s'affirmer (3,2% du PIB en 1989 - 15% en 1994) son niveau est cependant plus faible que celui du reste de l'Asie qui approche 30%.